« 5 euros, me dit la commerçante »

Ma découverte des Puces de la Porte de Montreuil fut peu commune, du moins il me semble.

C’était un dimanche matin et je prenais le petit-déjeuner avec une amie à la station Robespierre. La canicule de juillet 2018 faisant rage ce jour-là, je préférais mes pieds au métro parisien pour rentrer chez moi, à Porte de Montreuil.
Alors que j’avançais Rue de Paris et arrivais Place de la Porte de Montreuil, je vis une famille qui chargeait sa voiture de vinyles, de vêtements et qui n’arrivait vraisemblablement pas à rentrer le nouveau vélo dans le coffre. Tournant la tête, mon regard se posa naturellement vers Les Puces.

J’avais, bien évidemment, déjà entendu parler des Puces de Montreuil mais je n’y étais jamais allée. On était dimanche, il faisait soleil, j’avais du temps à perdre, c’était maintenant ou jamais. Ni une, ni deux, je m’empressai d’aller voir ces Puces.

Dès l’entrée, un commerçant me fit signe d’approcher. Il vendait des objets de récupération, du bric-à-brac, du bazar, des phares de voiture, des roues de vélo, des couverts, des cadres, des lunettes de soleil. Tous ces vieux objets qu’on trouve dans le grenier de la maison familiale, avec lesquels on se déguisait petit, qui appartenaient à nos parents, nos grands- parents. Toutes ces babioles me rappelaient des souvenirs qui me sortaient de l’air stressant parisien.

Je divaguais parmi les étalages jusqu’à trouver un commerce avec des vêtements de seconde main. Je chinais, je ne savais pas vraiment ce que je cherchais mais j’espérais trouver une pièce originale, unique, qui se différencierait des vêtements de Monsieur et Madame tout le monde. Au début, rien, je ne trouvais rien qui puisse faire mon bonheur, rien qui vaille le coup, puis derrière une paire de chaussure, j’aperçus une pochette. Elle était petite, rouge, en cuir assez solide, elle devait dater des années 90. « 5 euros, me dit la commerçante ». Banco, je la pris.

Tout sourire, je repartis avec ma pochette, puis poursuivant ma flânerie, je vis un vendeur de beignets, Monsieur Hakim. Les beignets avaient l’air bien sucrés, bien gras, pas du tout healthy et parfaits pour un dimanche. J’en pris un, puis deux, puis trois. Monsieur Hakim tient son commerce depuis une vingtaine d’années et réjouit les Montreuillois de sa cuisine riche en miel et en calories bien méritées.

Mes beignets terminés, je rentrais chez moi.

C’était une belle promenade, une belle découverte et il me tardait d’y retourner avec mon appareil photo pour immortaliser les rires des commerçants, les enfants courant dans les allées et les amateurs de brocantes qui prennent très au sérieux leurs trouvailles.

Je revins le dimanche qui suivit, puis celui d’après et encore d’après…